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4 janvier 2019 à 18:00
, par Nicolas Arquin

Julien Bouyer : « Un podium dans une épreuve APP World Tour, c'est un truc de dingue »



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Julien Bouyer aura vécu une belle saison en 2018, avec pour point d'orgue sa superbe troisième place à Gran Canaria, lors de la dernière épreuve SUPSurf de l'APP World Tour. Onzième au ranking mondial, le jeune rider a accepté de se confier à SUP magazine sur son parcours et son année 2018 ! Interview...


Julien, un mot sur ton parcours ?

J'ai 24 ans, je suis le neveu d'Antoine Albeau, mes parents ont un surfshop et mes grands-parents possédaient une école de voile sur la plage de La Couarde, sur l'île de Ré. J'ai donc toujours baigné dans les sports de glisse, comme ma grande sœur et mon petit frère. Nous avons fait beaucoup de planche à voile et de compétitions liées à cette discipline.

Lorsque le Stand Up Paddle est apparu en France – je crois d'ailleurs que c'est Antoine qui a ramené les premières planches dans le pays – je m'y suis naturellement mis !


Comment pourrais-tu te définir en tant que rider ?

Je dirais que je suis un waterman, j'aime pratiquer toutes sortes de disciplines et m'amuser quelque soient les conditions. Aujourd'hui, avec le foil, tu peux aller à l'eau même avec de petites vagues... C'est top !


Qu'est ce qui t'a poussé vers les compétitions de SUPSurf ?

J'ai toujours eu l'esprit de compétition, comme le reste de ma famille. Je me suis tout d'abord aligné sur des épreuves de planche à voile, en pratiquant en parallèle le Stand Up Paddle. Lorsque des compétitions de SUP ont été mises en place, je m'y suis inscrit pour le plaisir... et je n'ai depuis pas arrêté !

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Qu'est ce qui te plaît le plus dans le SUPSurf ?

Ce qui me plaît le plus, c'est de surfer ! J'aime le contact avec les vagues, le côté fun que tu n'as pas forcément en planche à voile lorsque tu fais de la dérive, de l'olympisme...


Tu as récemment disputé la finale APP World Tour à Gran Canaria, lors de laquelle tu t'es classé troisième. Avec le recul, que penses-tu de ton ride et de ce résultat ?

J'ai réalisé, je pense, le meilleur résultat de ma vie en Stand Up Paddle ! Un podium en Coupe du monde, c'est quand même un truc de dingue... Ca fait vraiment plaisir, d'autant que 2018 fut l'une des saisons où j'ai le moins fait de SUP !

Cette année, j'ai en effet eu beaucoup d'otites, de problèmes aux oreilles. A partir de septembre, à chaque fois que j'allais à l'eau, je ressortais avec une otite et je devais attendre 15 jours pour pouvoir surfer de nouveau.

Ca a été hyper galère, j'ai connu cette mésaventure aux championnats de France, que j'ai achevés à la septième place, ce qui ne correspondait pas au résultat que j'attendais. J'ai à ce moment pris le risque d'aller à l'eau alors que j'avais une otite.

En fait, je n'ai presque pas fait de Stand Up depuis septembre !

J'ai d'ailleurs failli ne pas pouvoir prendre l'avion pour les Canaries, j'ai dû consulter en urgence un médecin la veille de mon départ. Il m'a finalement autorisé à me rendre sur place, arrivé là-bas je n'ai surfé que deux fois avant la compéte, car je savais que mes oreilles n'allaient pas très bien. Donc, tu vois, ce n'était pas la meilleure préparation qui soit (rires) !

Le premier tour s'est plutôt bien passé, les conditions étaient vraiment difficiles. Je me battais avec mes oreilles, je portais des bouchons... Pour l'équilibre ce n'était pas terrible, je n'entendais pas le score etc.
J'ai fait des choix vraiment différents des autres, en décidant de rester au bord au lieu d'aller au large, quitte à juste faire un gros re-entry pour bien scorer, plutôt que plusieurs rollers dans une vague un peu molle... C'est ce qui a payé !

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Quelles images as tu gardées en mémoire de cette épreuve de Gran Canaria ?

Surtout la dernière journée de course, à partir des huitièmes de finale. Je savais que je rentrais dans le Top 10 de l'épreuve, ce qui constituait déjà un super résultat, je n'avais plus rien à perdre. Les organisateurs ont déplacé le spot de compétition sur un spot dingue, je me suis dit que si je passais mon heat, je me retrouvais dans le Top 5 !

Cela s'est super bien déroulé, j'ai remporté le heat face au Brésilien Luiz Diniz, double champion du monde. Je n'y croyais pas trop... Il y avait également Alexis Deniel, contre qui je bataille toute l'année en Coupe de France. La journée commençait donc idéalement !

J'ai ensuite éliminé un autre Brésilien, un résultat synonyme de podium et de demi-finale, c'était incroyable...

Le souvenir que je retiens, c'est cette superbe journée sur un magnifique spot, tu fais tes heats à deux au pic, avec mon frère Camille au bord... Top ambiance !

C'est l'une des meilleures compétitions à laquelle j'ai participé, en terme de conditions. Tout le monde a pu choper des vagues, s'exprimer, cela me rend d'autant plus fier. Je n'ai pas gagné mes heats sur un coup de chance, j'ai pu montrer ce que je savais faire.


Tu as du coup terminé 11e au classement mondial APP World Tour 2018, en SUPSurf. Es-tu satisfait de ce ranking ?

Oui je suis vraiment satisfait, je visais le Top 20 ou au mieux le Top 15. Finir 11e est donc vraiment super ! Lors de l'épreuve de New York, je n'ai pas signé de bon résultat, j'ai les boules à cause des vagues. J'aurais pu rentrer dans le Top Ten... Mais bon, je n'ai pas de regrets là-dessus, cette onzième place est déjà excellente par rapport à mes objectifs initiaux !


Quels sont les domaines dans lesquels tu as la plus grosse marge de progression ?

C'est difficile de répondre, j'aurais tendance à te dire les grosses vagues, mais en compète c'est dans ces conditions que j'ai été le plus confiant ! Aux Canaries, j'étais à l'aise dans les bottoms, dans les turns, j'étais également à l'aise à Sunset. Les grosses vagues me plaisent bien au final, même si ce n'est pas ce que je recherche le plus souvent, mais ça va (rires) !

Je pense que je peux progresser dans les conditions difficiles, comme celles que nous avons eu à New York. Tu te retrouves dans à peine 50cm, et tu dois envoyer... Ce n'est pas facile !

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Les images marquantes que tu retiendras de 2018 ?

En 2018, ce qui a été super, c'est que j'ai beaucoup voyagé. Mon petit frère Camille est engagé en RS:X, la planche olympique, et j'ai donc pu notamment l'accompagner sur une compète à Miami, en début d'année. Nous avons découvert l'endroit, c'était grandiose ! Nous avons enchaîné avec la Guadeloupe, puis je suis allé trois semaines à Hawaii pour le photoshoot Naish et NeilPryde, avec mon oncle Antoine. Nous avons partagé le même logement, ce sont de super souvenirs !

J'ai enchaîné par trois semaines de surftrip en van avec un pote, nous sommes allés en Galice. C'était la première fois que nous faisions ça, c'était encore exceptionnel !

En terme de compétitions, j'ai eu d'assez bons résultats. Je finis troisième et deuxième en Coupe de France, à la bagarre avec Ben Carpentier, Alexis Deniel et également Camille, qui a fait une belle finale à Biscarrosse.

Ce que je retiens de New York, c'est que j'étais avec Camille, on a découvert la ville, pris le train pour aller à Time Square... Cela forge des bons souvenirs, même si je n'ai pas pu signer le résultat que j'attendais.
Puis nouveau déplacement aux Canaries, l'année 2018 fut vraiment la saison des voyages !


Tes objectifs 2019 ?

Faire du mieux possible, même si c'est difficile de cibler une place. J'ai réalisé une superbe perf à Gran Canaria, mais Hawaii se profile déjà, et je n'aurai pas beaucoup d'entraînement supplémentaire. Je ne sais pas vraiment à quoi m'attendre, mais si je peux rentrer dans le Top 10 mondial, je serai bien sûr heureux.

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Cette troisième place à Gran Canaria va t'elle changer quelque chose pour toi ?

C'est possible, les mecs super connus en SUP ne me connaissaient jusque là pas forcément. Suite à ma troisième place, ils m'ont félicité, cela fait plaisir et cela montre que désormais, ils savent qui je suis. Mais c'est aussi une belle satisfaction personnelle, j'ai vu que je pouvais faire troisième, passer je-ne-sais combien de tours jusqu'à la demi-finale... Je n'ai maintenant pas envie de m'arrêter au premier heat, je sais que c'est possible !


Le mot de la fin ?

Je remercie tous mes sponsors, sans leur aide ce ne serait pas facile de voyager autant et d'avoir du bon matériel. Merci bien sûr à la famille, j'apprécie vraiment de pouvoir voyager avec Camille. On rigole tout le temps, même dans les galères (rires).


Photos : Crédit Camille Bouyer